**Le Souvenir des Jours Bénis de Job**
Il y avait un homme dans le pays d’Uts, nommé Job. Cet homme était intègre et droit, craignant Dieu et se détournant du mal. Dans les jours anciens, avant que les épreuves ne fondent sur lui comme une tempête déchaînée, Job vivait dans la bénédiction et la faveur de Dieu. Un soir, alors que le soleil descendait lentement à l’horizon, teintant le ciel de nuances dorées et pourpres, Job s’assit à l’entrée de sa tente, le cœur lourd de souvenirs. Les jours passés lui revinrent à l’esprit, et il commença à se remémorer les temps où la main de Dieu semblait si proche, où sa vie était remplie de joie et de prospérité.
Job se souvint de ces jours où Dieu veillait sur lui avec une tendresse paternelle. « Oh, si seulement je pouvais revivre ces moments, soupira-t-il. Dans ces temps-là, la lampe de Dieu brillait au-dessus de ma tête, et sa lumière guidait mes pas dans les ténèbres. Je marchais dans la plénitude de sa bénédiction, et ma vie était comme un fleuve tranquille, coulant paisiblement sous le regard bienveillant du Très-Haut. »
Il se rappela les jours de sa jeunesse, quand il était dans la force de l’âge, et que la vigueur remplissait ses membres. « Dans ces temps-là, poursuivit-il, la faveur de Dieu reposait sur moi comme une couronne précieuse. Les anciens me respectaient, et les jeunes hommes s’écartaient sur mon passage, par déférence. Les chefs se taisaient en ma présence, et les nobles retenaient leurs paroles, attendant que je prenne la parole. Tous écoutaient mes conseils, car ils savaient que la sagesse de Dieu habitait en moi. »
Job se souvint avec émotion de la manière dont il secourait les pauvres et les affligés. « Quand j’entendais les cris des nécessiteux, mon cœur se brisait de compassion. Je me levais pour les aider, leur apportant du réconfort et des solutions à leurs problèmes. L’orphelin qui n’avait personne pour le défendre trouvait en moi un protecteur. La veuve qui pleurait dans son désespoir voyait en moi un soutien. Je devenais les yeux de l’aveugle et les pieds du boiteux. J’étais un père pour les pauvres, et je plaidais la cause de l’inconnu. Je brisais les mâchoires de l’injuste et arrachais la proie de ses dents. »
Un sourire mélancolique traversa le visage de Job alors qu’il se rappelait les bénédictions matérielles dont il jouissait. « Ma maison était remplie de richesses, et mes greniers débordaient de blé. Mes troupeaux étaient nombreux, et mes champs produisaient en abondance. Les voyageurs s’arrêtaient chez moi pour se reposer, et je leur offrais l’hospitalité avec générosité. Les étrangers étaient accueillis comme des frères, et ma table était toujours prête à recevoir ceux qui avaient faim. »
Job se souvint aussi de l’honneur et du respect qu’il recevait de tous. « Quand je sortais dans la ville, les gens se levaient pour me saluer. Les princes et les juges me consultaient, car ils savaient que mes paroles étaient justes et pleines de sagesse. Mes conseils étaient recherchés, et mes décisions étaient respectées. J’étais comme un roi au milieu de son peuple, portant la justice comme un manteau et la droiture comme une couronne. »
Puis, un frisson traversa Job alors qu’il se rappelait la manière dont Dieu avait béni sa famille. « Mes enfants grandissaient dans la paix et la joie. Nous nous réunissions pour des festins, et nos cœurs étaient remplis d’allégresse. La présence de Dieu était palpable dans notre maison, et nous vivions dans l’harmonie et l’amour. »
Mais alors, les souvenirs joyeux firent place à une profonde tristesse. Job regarda autour de lui et vit la désolation qui l’entourait maintenant. Sa famille, ses biens, sa santé, tout lui avait été enlevé. Les jours de bénédiction semblaient si lointains, comme un rêve évanoui. Pourtant, au milieu de sa douleur, Job gardait une lueur d’espérance. Il savait que Dieu était toujours fidèle, même si ses voies étaient mystérieuses.
« Oh, si seulement je pouvais revivre ces jours, murmura-t-il. Mais je sais que Dieu est souverain, et que ses plans sont parfaits. Même dans cette épreuve, je continuerai à lui faire confiance. Car je sais que ma rédemption est vivante, et qu’un jour, je verrai Dieu de mes propres yeux. »
Et ainsi, Job, assis dans la poussière, continua à méditer sur les jours passés, cherchant la force de persévérer dans la foi, même au milieu des ténèbres. Car il savait que, quoi qu’il arrive, Dieu reste bon, et que sa fidélité demeure à jamais.