Bible Sacrée

Le Retour Triomphal de l’Arche à Jérusalem

**Le Retour de l’Arche de l’Alliance**

En ces jours-là, le roi David, après avoir consolidé son règne sur Israël, se tourna vers une tâche sacrée qui lui tenait à cœur : ramener l’Arche de l’Alliance à Jérusalem. L’Arche, ce coffre sacré qui contenait les tables de la Loi données à Moïse sur le mont Sinaï, était le symbole tangible de la présence de Dieu au milieu de son peuple. Depuis des années, elle reposait dans la maison d’Abinadab, à Kirjath-Jearim, après avoir été restituée par les Philistins qui l’avaient capturée. David, rempli de zèle pour l’Éternel, décida qu’il était temps de la ramener dans la cité de David, où elle serait honorée comme il se doit.

David rassembla donc trente mille hommes d’élite, les chefs des tribus d’Israël, et se mit en route vers Kirjath-Jearim. Le cœur rempli de joie et de crainte respectueuse, il ordonna que l’Arche soit placée sur un char neuf, tiré par des bœufs. Les Lévites, descendants d’Aaron, étaient chargés de porter l’Arche, mais dans leur empressement, ils négligèrent cette instruction divine. Au lieu de la porter sur leurs épaules avec des barres, comme prescrit par la Loi de Moïse, ils la laissèrent sur le char.

Le cortège se mit en marche, accompagné de chants et de danses. David, vêtu d’un éphod de lin, une tunique simple réservée aux prêtres, dansait de toute sa force devant l’Éternel. Les trompettes retentissaient, les cymbales résonnaient, et tout le peuple poussait des cris de joie. L’atmosphère était électrique, remplie d’une sainte ferveur.

Cependant, au milieu de cette célébration, un événement tragique survint. Lorsque le char atteignit l’aire de Nacon, les bœufs trébuchèrent, et l’Arche sembla vaciller. Ouzza, l’un des fils d’Abinadab, qui marchait à côté du char, étendit instinctivement la main pour stabiliser l’Arche. À l’instant même où il la toucha, la colère de l’Éternel s’enflamma contre lui, et il tomba mort sur place.

Un silence de stupeur s’abattit sur l’assemblée. David, saisi de crainte, s’écria : « Comment l’Arche de l’Éternel pourrait-elle venir à moi ? » Son cœur, rempli de joie un instant auparavant, était maintenant lourd de confusion et de peur. Il réalisa alors que la sainteté de Dieu ne pouvait être prise à la légère. L’Arche n’était pas un simple objet ; elle représentait la présence du Dieu vivant, et Sa sainteté exigeait une révérence absolue.

David décida de ne pas poursuivre le voyage jusqu’à Jérusalem. Au lieu de cela, il fit dévier le cortège vers la maison d’Obed-Édom, un homme de Gath. L’Arche y resta pendant trois mois, et pendant ce temps, la maison d’Obed-Édom fut bénie abondamment. L’Éternel répandit Sa faveur sur tout ce qui lui appartenait, et la nouvelle de ces bénédictions parvint jusqu’à David.

Encouragé par ces signes de la faveur divine, David décida de reprendre le transport de l’Arche, mais cette fois, il veilla à ce que tout soit fait selon les prescriptions de la Loi. Les Lévites portèrent l’Arche sur leurs épaules, avec les barres prévues à cet effet. Après chaque six pas, David offrait un sacrifice de bœufs et de béliers gras. Le roi, toujours vêtu de l’éphod de lin, dansait de toute sa force devant l’Éternel, abandonnant toute retenue royale dans son adoration.

Le peuple suivait, rempli de joie et de crainte. Les chants montaient vers le ciel, les trompettes sonnaient, et les cymbales retentissaient. Jérusalem était en liesse lorsque l’Arche entra enfin dans la cité de David. Michal, la fille de Saül et épouse de David, regardait par la fenêtre et vit le roi danser avec tant d’ardeur. Au fond de son cœur, elle le méprisa, le jugeant indigne de sa dignité royale.

Une fois l’Arche installée dans la tente que David avait préparée pour elle, le roi offrit des holocaustes et des sacrifices d’actions de grâces devant l’Éternel. Puis il bénit le peuple au nom de l’Éternel des armées et distribua à chaque Israélite, homme et femme, un pain, une portion de viande et un gâteau de raisins.

Cependant, lorsque David retourna dans son palais pour bénir sa maison, Michal vint à sa rencontre et lui dit avec mépris : « Quel honneur aujourd’hui pour le roi d’Israël de s’être découvert aux yeux des servantes de ses serviteurs, comme se découvrirait un homme de rien ! »

David, sans se laisser troubler, répondit : « C’est devant l’Éternel que j’ai dansé. C’est Lui qui m’a choisi de préférence à ton père et à toute sa maison pour m’établir chef sur Son peuple, sur Israël. Je danserai encore devant l’Éternel, et je m’humilierai davantage à mes propres yeux. Quant à ces servantes dont tu parles, elles m’honoreront. »

Michal, à cause de son mépris, resta stérile jusqu’à la fin de ses jours. Mais David continua à régner avec justice et à chercher la face de l’Éternel, sachant que la vraie royauté ne réside pas dans la gloire humaine, mais dans l’obéissance et l’adoration du Dieu vivant.

Ainsi, l’Arche de l’Alliance fut ramenée à Jérusalem, et David, malgré ses erreurs, resta un homme selon le cœur de Dieu, toujours prêt à se repentir et à adorer son Créateur avec passion et humilité.

LEAVE A RESPONSE

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *