**L’Offrande de Fleur de Farine**
Dans les plaines arides du désert du Sinaï, sous un ciel brûlant où le soleil semblait suspendu dans une immensité sans fin, le peuple d’Israël campait autour de la tente d’assignation. La présence de l’Éternel planait sur eux, et Moïse, le serviteur de Dieu, avait reçu des instructions précises pour guider le peuple dans leur adoration. Parmi ces instructions se trouvait le commandement concernant l’offrande de fleur de farine, une offrande simple mais profonde en signification.
Un matin, alors que la rosée perlait encore sur les tentes, un homme nommé Éliab se leva tôt. Éliab était un homme humble, un cultivateur qui travaillait la terre avec dévouement. Il avait passé des mois à cultiver son champ de blé, et maintenant que la récolte était abondante, il désirait offrir quelque chose de précieux à l’Éternel. Il se souvint des paroles de Moïse concernant l’offrande de fleur de farine, et son cœur fut rempli de joie à l’idée de présenter cette offrande.
Éliab prit une partie de sa récolte, choisissant les grains les plus fins. Il les moulut soigneusement jusqu’à obtenir une farine d’une blancheur éclatante, semblable à la neige qui recouvrait les sommets lointains du mont Sinaï. Cette farine, il la mit dans un récipient en terre cuite, puis y ajouta de l’huile d’olive pure, pressée à froid, symbole de la bénédiction et de l’onction divine. Enfin, il prit une poignée d’encens, une résine parfumée qui rappelait la douceur de la présence de Dieu.
Avec son offrande préparée, Éliab se dirigea vers la tente d’assignation. Le chemin était long, mais chaque pas était empreint de respect et de révérence. Autour de lui, d’autres Israélites se préparaient également à offrir leurs sacrifices. Certains amenaient des agneaux, d’autres des taureaux, mais Éliab portait simplement son offrande de fleur de farine, un geste qui semblait modeste mais qui était profondément significatif.
Arrivé devant l’autel des holocaustes, Éliab s’approcha du sacrificateur, un homme nommé Aaron, le frère de Moïse. Aaron portait des vêtements sacrés, tissés de fils d’or, de bleu, de pourpre et d’écarlate. Son pectoral, orné de douze pierres précieuses, brillait sous les rayons du soleil. Avec un regard bienveillant, Aaron accueillit Éliab.
— Que présentes-tu à l’Éternel, mon frère ? demanda Aaron d’une voix calme mais empreinte d’autorité.
— Je désire offrir une offrande de fleur de farine, répondit Éliab en tendant son récipient. C’est un don de mon cœur, une reconnaissance pour les bénédictions que l’Éternel m’a accordées.
Aaron prit l’offrande et la plaça sur l’autel. Il prit une poignée de la farine mélangée à l’huile, ainsi qu’une partie de l’encens, et les fit fumer sur l’autel. La fumée monta lentement vers le ciel, emportant avec elle les prières et les actions de grâces d’Éliab. Le parfum de l’encens se répandit dans l’air, rappelant à tous ceux qui étaient présents la sainteté de Dieu.
— Cette offrande est un parfum de bonne odeur pour l’Éternel, déclara Aaron. Il accepte ton don, car il est offert avec un cœur sincère et pur.
Éliab se prosterna devant l’autel, le visage contre terre. Il sentit une paix profonde envahir son âme, comme si la présence de Dieu l’enveloppait. Il savait que son offrande, bien que simple, était précieuse aux yeux de l’Éternel. Elle représentait sa reconnaissance, sa dépendance envers Dieu, et son désir de vivre dans l’obéissance.
Alors qu’Éliab se relevait, Aaron lui dit :
— Souviens-toi, mon frère, que cette offrande de fleur de farine est sans levain. Le levain symbolise le péché et la corruption, mais ton offrande est pure, comme ton cœur doit l’être devant l’Éternel. Garde-toi de toute souillure, et marche dans la sainteté.
Éliab hocha la tête, comprenant la profondeur de ces paroles. Il quitta la tente d’assignation avec un cœur léger, déterminé à vivre selon les commandements de Dieu. En chemin, il croisa d’autres Israélites qui préparaient leurs propres offrandes. Certains offraient des sacrifices sanglants, d’autres des offrandes de paix, mais tous partageaient le même désir : honorer l’Éternel et vivre en communion avec Lui.
Ce soir-là, alors que le soleil disparaissait à l’horizon, Éliab s’assit devant sa tente et contempla le ciel étoilé. Il se souvint de la fumée de son offrande montant vers le ciel, et il murmura une prière de gratitude. Il savait que l’Éternel était fidèle, et que chaque offrande, chaque acte d’obéissance, était un pas de plus vers une relation plus profonde avec Lui.
Ainsi, dans le désert du Sinaï, au milieu des épreuves et des bénédictions, le peuple d’Israël apprenait à adorer Dieu selon Ses commandements. L’offrande de fleur de farine, simple mais significative, rappelait à chacun que la véritable adoration vient du cœur, et que Dieu regarde toujours à l’intention derrière chaque geste.
Et l’Éternel, dans Sa grâce infinie, continuait de guider Son peuple, jour après jour, vers la terre promise.