Bible Sacrée

Le Fléau des Sauterelles et des Ténèbres en Égypte

**Le Fléau des Sauterelles et des Ténèbres**

Le soleil se levait à peine sur l’horizon égyptien, teintant le ciel de nuances dorées et pourpres. Mais ce matin-là, l’air était lourd, chargé d’une tension palpable. Dans le palais de Pharaon, les serviteurs murmuraient entre eux, craignant ce qui pourrait arriver. Depuis des semaines, les avertissements de Moïse et d’Aaron résonnaient dans les couloirs du palais, et chaque fois, Pharaon avait endurci son cœur, refusant de laisser partir le peuple d’Israël. Les fléaux précédents avaient frappé l’Égypte avec une force terrible, mais Pharaon restait obstiné.

Moïse et Aaron, guidés par la main de l’Éternel, se tenaient une fois de plus devant le roi d’Égypte. Leurs visages étaient empreints de gravité, mais aussi d’une assurance divine. Ils savaient que chaque parole qu’ils prononçaient venait de Dieu Lui-même.

« Ainsi parle l’Éternel, le Dieu des Hébreux : Jusqu’à quand refuseras-tu de t’humilier devant Moi ? Laisse partir Mon peuple, afin qu’il Me serve. Si tu refuses, voici, Je vais faire venir demain des sauterelles dans ton territoire. Elles couvriront la surface de la terre, et l’on ne pourra plus voir le sol. Elles dévoreront ce qui est resté après la grêle, tout arbre qui pousse dans vos champs. Elles rempliront tes maisons, celles de tous tes serviteurs et de tous les Égyptiens ; tes pères et les pères de tes pères n’auront rien vu de pareil depuis qu’ils existent sur la terre. »

Pharaon écouta ces paroles, son visage impassible, mais ses conseillers frémissaient d’angoisse. Ils s’approchèrent de lui et murmurèrent : « Jusqu’à quand cet homme sera-t-il pour nous un piège ? Laisse partir ces gens, et qu’ils servent l’Éternel, leur Dieu. Ne vois-tu pas que l’Égypte est ruinée ? »

Pharaon, bien que troublé, ne voulait pas céder. Il se tourna vers Moïse et Aaron et dit : « Allez, servez l’Éternel, votre Dieu. Mais qui doit partir ? »

Moïse répondit avec fermeté : « Nous irons avec nos jeunes gens et nos vieillards, avec nos fils et nos filles, avec nos brebis et nos bœufs ; car c’est pour nous une fête en l’honneur de l’Éternel. »

Pharaon éclata de rire, un rire amer et méprisant. « Que l’Éternel soit avec vous, comme je vais vous laisser partir, vous et vos enfants ! Prenez garde, car le malheur est devant vous ! Non, non, que les hommes aillent servir l’Éternel, car c’est là ce que vous demandez. » Et il les chassa de sa présence.

Moïse et Aaron quittèrent le palais, sachant que le cœur de Pharaon était endurci. Ils levèrent leurs mains vers le ciel, invoquant l’Éternel. Et Dieu entendit leur prière.

Le lendemain, un vent d’est souffla sur l’Égypte, un vent puissant et brûlant. Il apportait avec lui une nuée sombre qui obscurcissait le ciel. Bientôt, les Égyptiens réalisèrent avec horreur que ce n’était pas un nuage ordinaire, mais une multitude innombrable de sauterelles. Elles descendaient sur le pays comme une avalanche vivante, dévorant tout sur leur passage. Les champs de blé, les arbres fruitiers, les plantes qui avaient survécu à la grêle—tout fut englouti. Les sauterelles entraient dans les maisons, se glissant par les fenêtres et les portes, remplissant chaque recoin de leur présence vorace.

Les Égyptiens criaient, essayant de chasser les insectes, mais c’était en vain. Les sauterelles étaient partout, et leur appétit insatiable laissait derrière elles un paysage de désolation. Pharaon, terrifié, fit appeler Moïse et Aaron en hâte. « J’ai péché contre l’Éternel, votre Dieu, et contre vous. Mais pardonne mon péché encore cette fois, et priez l’Éternel, votre Dieu, afin qu’Il éloigne de moi cette plaie mortelle. »

Moïse sortit de chez Pharaon et pria l’Éternel. Alors, l’Éternel fit souffler un vent d’ouest, très fort, qui emporta les sauterelles et les précipita dans la mer Rouge. Il ne resta pas une seule sauterelle dans toute l’Égypte. Mais, une fois de plus, Pharaon endurcit son cœur et ne laissa pas partir les Israélites.

Alors, l’Éternel dit à Moïse : « Étends ta main vers le ciel, et qu’il y ait des ténèbres sur le pays d’Égypte, des ténèbres palpables. » Moïse obéit, et aussitôt, une obscurité épaisse enveloppa l’Égypte. Pendant trois jours, les Égyptiens ne purent se voir les uns les autres, et personne ne quitta sa demeure. Mais dans les maisons des Israélites, il y avait de la lumière.

Pharaon, désespéré, fit de nouveau appeler Moïse. « Allez, servez l’Éternel. Seulement, laissez vos brebis et vos bœufs. Vos petits enfants aussi pourront aller avec vous. »

Mais Moïse répondit : « Tu mettras toi-même entre nos mains de quoi faire les sacrifices et les holocaustes que nous offrirons à l’Éternel, notre Dieu. Nos troupeaux viendront aussi avec nous ; il n’en restera pas un ongle, car c’est d’eux que nous prendrons de quoi servir l’Éternel, notre Dieu ; et nous ne savons pas nous-mêmes comment nous devons servir l’Éternel, jusqu’à ce que nous soyons arrivés là-bas. »

Pharaon, furieux, cria : « Sors de chez moi ! Garde-toi de paraître encore en ma présence, car le jour où tu paraîtras en ma présence, tu mourras. »

Moïse répondit calmement : « Tu as bien parlé ; je ne paraîtrai plus en ta présence. »

Et Moïse quitta Pharaon, sachant que le dernier et le plus terrible des fléaux était à venir. Mais pour l’instant, les ténèbres régnaient sur l’Égypte, un rappel puissant de la souveraineté de l’Éternel et de l’endurcissement du cœur de Pharaon. Le peuple d’Israël, cependant, demeurait dans la lumière, protégé par la main de Dieu, attendant le jour où ils seraient enfin libres.

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