**Le Repentir d’Esdras : Une Prière pour le Peuple**
Le soleil déclinait lentement à l’horizon, teintant le ciel de Jérusalem de nuances dorées et pourpres. La ville, encore en reconstruction après l’exil à Babylone, respirait un mélange d’espoir et de fragilité. Les murs de la ville, récemment relevés, semblaient porter les cicatrices des épreuves passées, mais aussi la promesse d’un avenir restauré. Esdras, le scribe et prêtre, marchait d’un pas lourd dans les rues de la ville sainte. Son cœur, autrefois rempli de joie à l’idée de ramener le peuple à la loi de Dieu, était maintenant accablé par une douleur profonde.
Il venait d’apprendre une nouvelle qui le bouleversait jusqu’au plus profond de son âme. Des chefs du peuple étaient venus le trouver pour lui révéler une situation alarmante : beaucoup d’Israélites, y compris des prêtres et des Lévites, s’étaient mêlés aux peuples des terres environnantes. Ils avaient pris des femmes étrangères pour eux et pour leurs fils, violant ainsi la loi de Moïse qui interdisait de telles alliances. Ces unions avaient entraîné le peuple dans les pratiques idolâtres et les abominations des nations païennes. La sainteté d’Israël, ce peuple choisi par Dieu pour être une lumière parmi les nations, était compromise.
Esdras sentit son cœur se briser. Il déchira ses vêtements, symbole de son affliction, et s’arracha les cheveux et la barbe, geste de deuil et de profonde tristesse. Il s’assit sur le sol, accablé, jusqu’au moment de l’offrande du soir. Autour de lui, ceux qui craignaient les paroles de Dieu se rassemblèrent, partageant son affliction. Le silence pesait, interrompu seulement par les sanglots étouffés de ceux qui comprenaient la gravité de la situation.
Lorsque l’heure de l’offrande du soir arriva, Esdras se releva, tremblant d’émotion. Il tomba à genoux, les mains tendues vers le ciel, et commença à prier. Sa voix, pleine de douleur mais aussi de foi, s’éleva dans le silence de la cour du temple.
« Ô Éternel, Dieu d’Israël, Tu es juste, car nous sommes aujourd’hui un reste de rescapés. Voici, nous sommes devant Toi avec notre culpabilité, bien que personne ne puisse subsister devant Toi à cause de cela. »
Esdras, dans sa prière, ne chercha pas à justifier le peuple. Au contraire, il reconnut ouvertement leur péché. Il rappela les bénédictions passées de Dieu, Sa fidélité malgré l’infidélité d’Israël. Il évoqua l’exil à Babylone, conséquence directe de leur désobéissance, et la grâce de Dieu qui leur avait permis de revenir dans leur terre. Mais maintenant, après tout cela, le peuple retombait dans les mêmes erreurs.
« Après tout ce qui nous est arrivé à cause de nos mauvaises actions et de notre grande culpabilité, bien que Toi, notre Dieu, Tu nous aies punis moins que ne le méritaient nos iniquités et que Tu nous aies accordé ces rescapés, recommencerions-nous à violer Tes commandements et à nous allier avec ces peuples abominables ? Ne Te mettrais-Tu pas en colère contre nous jusqu’à nous détruire, sans laisser ni reste ni survivant ? »
Les larmes coulaient sur le visage d’Esdras, et sa voix tremblait d’émotion. Il savait que la sainteté de Dieu ne pouvait tolérer le péché. Il savait aussi que la miséricorde de Dieu était grande, mais que cette miséricorde ne devait pas être prise à la légère. Il implora Dieu de ne pas abandonner Son peuple, malgré leur infidélité.
« Ô Éternel, Dieu d’Israël, Tu es juste. Nous ne pouvons subsister devant Toi à cause de cela. »
La prière d’Esdras était une confession collective. Il ne se plaçait pas en juge, mais en intercesseur. Il s’identifiait au péché de son peuple, portant leur culpabilité devant Dieu. Il savait que sans repentance, sans un retour sincère à Dieu, il n’y avait aucun espoir.
Alors qu’Esdras priait, un profond sentiment de conviction s’empara de ceux qui l’entouraient. Hommes, femmes et enfants, tous furent touchés par la gravité de leur situation. Ils se joignirent à lui dans le jeûne et la prière, reconnaissant leur péché et implorant la miséricorde de Dieu.
Le soir tomba sur Jérusalem, mais la lumière de la repentance commençait à briller dans les cœurs. Esdras, bien que accablé, avait foi en la fidélité de Dieu. Il savait que si le peuple se tournait sincèrement vers Lui, Il serait miséricordieux et les restaurerait.
Ainsi, dans l’humilité et la contrition, Esdras et le peuple attendirent la réponse de Dieu, confiants que Celui qui avait commencé une bonne œuvre en eux la mènerait à son terme. Car l’Éternel est lent à la colère et riche en bonté, prêt à pardonner à ceux qui se repentent de tout leur cœur.