**La Dernière Promesse de Joseph**
Le soleil se levait doucement sur la terre d’Égypte, répandant une lumière dorée sur les champs fertiles et les rives du Nil. Les palmiers se balançaient sous une brise légère, et les oiseaux chantaient dans les branches. C’était un matin paisible, mais dans le palais de Joseph, un sentiment de tristesse et de solennité régnait. Jacob, le père bien-aimé de Joseph, avait rendu son dernier souffle après de nombreuses années passées en Égypte. Son corps reposait maintenant, préparé pour le voyage final vers la terre de ses ancêtres.
Joseph, le vice-roi d’Égypte, était profondément affligé. Bien qu’il fût un homme puissant, respecté dans tout le pays, il ne pouvait contenir sa douleur. Il se tenait près du lit de son père, les yeux remplis de larmes, se rappelant les promesses que Jacob lui avait faites et les bénédictions qu’il avait prononcées sur lui et ses frères. Jacob avait demandé à être enterré dans le caveau de ses pères, à Makpéla, près de Mamré, dans le pays de Canaan. C’était une promesse que Joseph était déterminé à honorer.
Après les jours de deuil, Joseph se rendit auprès de Pharaon. Il entra dans la grande salle du trône, où les colonnes de marbre s’élevaient vers le ciel et où les murs étaient ornés de fresques représentant les dieux d’Égypte. Joseph s’inclina respectueusement devant le roi. « Mon seigneur, » dit-il d’une voix empreinte de respect mais aussi de tristesse, « mon père m’a fait jurer de l’enterrer dans le caveau qu’il s’est préparé au pays de Canaan. Permets-moi, je te prie, de monter là-bas pour l’enterrer, et je reviendrai ensuite. »
Pharaon, qui avait une grande estime pour Joseph, acquiesça immédiatement. « Monte et enterre ton père, comme il te l’a fait jurer, » répondit-il avec compassion. Ainsi, Joseph prépara un grand cortège pour accompagner le corps de Jacob jusqu’à Canaan. Les Égyptiens, reconnaissants envers Joseph pour avoir sauvé leur pays de la famine, envoyèrent avec lui une délégation impressionnante. Des chars, des cavaliers, et des serviteurs de la cour royale se joignirent à la famille de Joseph pour ce voyage solennel.
Le cortège traversa le désert, avançant lentement mais avec dignité. Les chariots transportaient des provisions et des offrandes, tandis que les membres de la famille de Jacob marchaient en tête, portant des vêtements de deuil. Les Égyptiens, habitués aux processions grandioses, étaient impressionnés par la solennité de cette marche. Le peuple de Canaan, en voyant arriver ce cortège, fut saisi de respect et déclara : « Voici un grand deuil pour les Égyptiens ! » C’est pourquoi ils nommèrent ce lieu Abel-Mitsraïm, ce qui signifie « le deuil des Égyptiens. »
Arrivés à Makpéla, près de Mamré, Joseph et ses frères accomplirent les dernières volontés de leur père. Ils descendirent le corps de Jacob dans le caveau familial, où reposaient déjà Abraham et Sara, Isaac et Rebecca, et Léa. Les pierres du tombeau furent scellées avec soin, et une grande pierre fut placée à l’entrée pour marquer l’endroit. Joseph se tint un moment en silence, priant et se souvenant des promesses de Dieu à ses ancêtres. Il savait que cette terre, bien qu’occupée par d’autres peuples, était celle que Dieu avait promise à sa famille.
Après les funérailles, Joseph et ses frères retournèrent en Égypte. Mais les événements récents avaient ravivé des souvenirs douloureux chez les frères de Joseph. Ils craignaient que, maintenant que leur père était mort, Joseph ne se vengeât enfin de leur trahison passée. Ils se réunirent donc et envoyèrent un message à Joseph : « Avant de mourir, ton père a donné cet ordre : ‘Vous parlerez ainsi à Joseph : Oh ! pardonne le crime de tes frères et leur péché, car ils t’ont fait du mal !’ Maintenant, nous te supplions de pardonner le crime des serviteurs du Dieu de ton père. »
En entendant ces paroles, Joseph fut profondément ému. Il se mit à pleurer, ses larmes coulant librement sur son visage. Ses frères, voyant son émotion, s’approchèrent et se prosternèrent devant lui, disant : « Nous sommes tes serviteurs. » Mais Joseph les releva avec douceur. « Ne craignez point, » leur dit-il. « Suis-je à la place de Dieu ? Vous aviez médité de me faire du mal, mais Dieu l’a changé en bien, pour accomplir ce qui arrive aujourd’hui, pour sauver la vie à un peuple nombreux. Soyez donc sans crainte ; je vous entretiendrai, vous et vos enfants. »
Ainsi, Joseph réconforta ses frères et leur parla avec bonté. Il leur rappela que Dieu avait un plan plus grand que leurs actions, un plan qui avait permis de sauver des vies pendant la famine. Joseph vécut encore de nombreuses années en Égypte, entouré de sa famille. Il vit les enfants d’Éphraïm et de Manassé grandir et prospérer. Mais il n’oublia jamais la promesse de Dieu concernant la terre de Canaan.
Un jour, sentant sa fin approcher, Joseph convoqua ses frères et leur dit : « Je vais mourir, mais Dieu vous visitera et vous fera remonter de ce pays-ci dans le pays qu’il a juré de donner à Abraham, à Isaac et à Jacob. » Puis, faisant un serment solennel, il ajouta : « Dieu vous visitera, et vous ferez remonter mes os loin d’ici. » Ainsi, Joseph mourut à l’âge de cent dix ans. On l’embauma, et on le déposa dans un cercueil en Égypte, en attendant le jour où Dieu accomplirait sa promesse et ramènerait son peuple dans la terre promise.
Et ainsi, l’histoire de Joseph se termina, mais l’espérance en la promesse de Dieu demeura vivante dans le cœur de son peuple.