**Le Règne de la Justice et de la Gloire de Dieu**
En ces jours-là, dans le royaume de Juda, le peuple vivait dans l’angoisse et la confusion. Les ennemis se dressaient de toutes parts, et les cœurs étaient remplis de crainte. Les Assyriens, puissants et impitoyables, menaçaient de tout détruire sur leur passage. Leur arrogance était sans limite, et leur soif de conquête semblait insatiable. Le peuple de Dieu, bien qu’élu, avait souvent désobéi à l’Éternel, et maintenant, les conséquences de leurs péchés se faisaient sentir.
C’est dans ce contexte que le prophète Ésaïe se leva, portant une parole de jugement mais aussi d’espérance. Il s’adressa au peuple avec une voix forte et claire, comme un écho dans les montagnes désolées.
« Malheur à toi, destructeur, toi qui n’as pas été détruit ! Malheur à toi, perfide, toi qu’on n’a pas traité avec perfidie ! Quand tu auras fini de détruire, tu seras détruit à ton tour. Quand tu auras achevé de trahir, on te trahira. » (Ésaïe 33:1)
Ces paroles résonnèrent comme un coup de tonnerre dans le silence oppressant. Elles s’adressaient aux ennemis de Juda, mais aussi à tous ceux qui, dans le peuple, avaient trahi la confiance de l’Éternel. Ésaïe savait que la justice de Dieu ne pouvait être évitée, mais il savait aussi que cette justice était accompagnée de miséricorde pour ceux qui se tournaient vers Lui.
Le prophète continua, décrivant un avenir glorieux pour ceux qui mettraient leur confiance en Dieu. « Éternel, sois-nous favorable ! Nous espérons en toi. Sois notre appui chaque matin, et notre délivrance au temps de la détresse. » (Ésaïe 33:2) Ces mots étaient une prière, un cri du cœur de ceux qui reconnaissaient leur besoin de Dieu. Ils savaient que sans Lui, ils étaient perdus, mais avec Lui, ils étaient invincibles.
Ésaïe dépeignit alors une vision magnifique de ce que serait le règne de Dieu. « Les peuples fuient au bruit de ta chute ; les nations se dispersent quand tu te lèves. On amasse du butin comme amassent les sauterelles, on se précipite comme on se précipite les sauterelles. L’Éternel est élevé, car il habite en haut ; il remplit Sion de droiture et de justice. » (Ésaïe 33:3-5)
Dans cette vision, les ennemis de Dieu étaient dispersés comme la paille au vent. Leur puissance était réduite à néant devant la majesté de l’Éternel. Sion, la ville de Dieu, serait remplie de droiture et de justice, car Dieu lui-même y régnerait. Ce serait un lieu de sécurité et de paix, où les justes pourraient vivre sans crainte.
Ésaïe décrivit ensuite les bénédictions qui découleraient de la présence de Dieu. « Tes yeux verront le roi dans sa beauté, ils contempleront le pays dans toute son étendue. Ton cœur se souviendra de la terreur : Où est celui qui comptait ? Où est celui qui pesait le tribut ? Où est celui qui inspectait les tours ? Tu ne verras plus ce peuple audacieux, ce peuple au langage obscur qu’on ne peut comprendre, à la langue barbare qu’on ne peut entendre. » (Ésaïe 33:17-19)
Le peuple de Dieu contemplerait enfin la beauté de leur Roi, l’Éternel lui-même. Les souvenirs de la terreur et de l’oppression s’effaceraient, car les ennemis ne seraient plus. Les langues étrangères et incompréhensibles, symboles de confusion et de division, ne seraient plus entendues. À la place, il y aurait une unité et une paix profondes.
Ésaïe continua en décrivant la ville de Dieu, Jérusalem, comme un lieu de stabilité éternelle. « Regarde Sion, la cité de nos fêtes ! Tes yeux verront Jérusalem, séjour tranquille, tente qui ne sera plus transportée, dont les pieux ne seront jamais enlevés, et dont les cordages ne seront point détachés. » (Ésaïe 33:20) Jérusalem ne serait plus une ville menacée ou instable, mais un refuge sûr, une demeure éternelle pour ceux qui appartenaient à Dieu.
Le prophète conclut sa vision par une description de la gloire de Dieu qui remplirait tout. « Car là est l’Éternel, qui est magnifique pour nous ; il est un lieu de fleuves, de courants larges et spacieux. Aucun navire à rames n’y passera, aucun vaisseau puissant ne le traversera. Car l’Éternel est notre juge, l’Éternel est notre législateur, l’Éternel est notre roi : c’est lui qui nous sauve. » (Ésaïe 33:21-22)
Dans cette vision, l’Éternel était tout pour son peuple : leur juge, leur législateur, leur roi et leur sauveur. Sa présence était comme un fleuve puissant, apportant la vie et la prospérité. Aucun ennemi ne pourrait traverser ce fleuve, car il était protégé par la puissance de Dieu.
Ainsi, Ésaïe apporta au peuple de Juda une parole à la fois sévère et réconfortante. Il les avertit des conséquences de leurs péchés, mais il leur montra aussi la grandeur de la miséricorde et de la justice de Dieu. Pour ceux qui se tourneraient vers Lui, il y aurait un avenir glorieux, un règne de paix et de justice éternelles.
Et le peuple, entendant ces paroles, commença à espérer. Ils comprirent que, malgré leurs fautes, l’amour de Dieu était plus grand que tout. Ils se tournèrent vers Lui, cherchant Son pardon et Sa guidance. Et l’Éternel, dans Sa fidélité, les accueillit à bras ouverts, prêt à les conduire vers un avenir radieux, où Sa gloire remplirait toute la terre.