**Le Dernier Discours de Josué : Un Choix Décisif**
Le soleil commençait à décliner à l’horizon, teintant le ciel de nuances dorées et pourpres. Les ombres s’allongeaient sur la plaine de Sichem, où une foule immense s’était rassemblée. Des hommes, des femmes, des enfants, des anciens et des jeunes, tous les tribus d’Israël étaient présents. Ils avaient répondu à l’appel de Josué, leur chef vénéré, qui, après des années de conquêtes et de fidélité à l’Éternel, sentait que son temps sur terre touchait à sa fin. Ce jour était solennel, car Josué avait convoqué tout le peuple pour un moment décisif, un moment où chacun devait faire un choix qui engagerait non seulement sa vie, mais aussi celle de ses descendants.
Josué, bien qu’âgé, se tenait droit, sa silhouette imposante se détachant contre le ciel embrasé. Ses yeux, pleins de sagesse et d’une détermination inébranlable, parcouraient la foule. Il portait encore les marques des batailles livrées, mais c’était surtout son autorité spirituelle qui impressionnait. Il se tenait près du grand rocher de Sichem, un lieu chargé de mémoire, où des générations auparavant, Abraham avait reçu la promesse de Dieu, et où Jacob avait enterré les idoles de sa maison.
« Écoutez-moi, vous tous, tribus d’Israël ! » commença Josué, sa voix forte et claire portant jusqu’aux extrémités de l’assemblée. Le silence se fit instantanément, comme si même le vent retenait son souffle pour écouter. « Ainsi parle l’Éternel, le Dieu d’Israël : Vos pères, Térach, père d’Abraham et père de Nachor, habitaient anciennement de l’autre côté du fleuve, et ils servaient d’autres dieux. »
La foule frémit en entendant ces mots. Josué rappelait leurs origines, un temps où leurs ancêtres étaient plongés dans l’idolâtrie, adorant des dieux de pierre et de bois, incapables de sauver ou de bénir. Mais Dieu, dans Sa miséricorde, avait appelé Abraham à quitter cette terre pour marcher vers une promesse. « J’ai pris votre père Abraham de l’autre côté du fleuve, et je lui ai fait parcourir tout le pays de Canaan. J’ai multiplié sa postérité, et je lui ai donné Isaac. »
Josué continua, racontant l’histoire de leur peuple avec une précision qui faisait revivre chaque étape de leur voyage. Il parla d’Isaac et de Jacob, de Joseph vendu en Égypte, et de la manière dont Dieu avait utilisé ces événements pour préserver Son peuple. « Puis j’ai envoyé Moïse et Aaron, et j’ai frappé l’Égypte par les prodiges que j’ai opérés au milieu d’elle. Ensuite, je vous ai fait sortir d’Égypte. »
Les visages de l’assemblée s’illuminaient à mesure que Josué décrivait les miracles de l’Exode : la mer Rouge fendue en deux, la manne tombant du ciel, l’eau jaillissant du rocher. Chacun se souvenait des récits transmis par leurs pères, mais entendre ces paroles de la bouche de Josué, qui avait lui-même marché dans le désert, rendait tout cela si réel, si présent.
« Vous êtes entrés dans le pays des Amoréens, qui habitaient de l’autre côté du Jourdain, et ils vous ont combattus. Mais je les ai livrés entre vos mains ; vous avez pris possession de leur pays, et je les ai détruits devant vous. » Josué rappelait les victoires que Dieu leur avait accordées, des batailles où, malgré leur infériorité numérique, ils avaient triomphé parce que l’Éternel combattait pour eux.
Puis, sa voix devint plus grave, comme chargée d’un avertissement solennel. « Maintenant, craignez l’Éternel, et servez-Le avec intégrité et fidélité. Ôtez les dieux que vos pères ont servis de l’autre côté du fleuve et en Égypte, et servez l’Éternel. » Il y eut un murmure dans la foule. Certains baissèrent les yeux, gênés, car même après toutes ces années, certains avaient gardé des idoles secrètes, des amulettes ou des souvenirs des dieux égyptiens.
Josué les regarda avec une intensité qui semblait percer les cœurs. « Si vous ne trouvez pas bon de servir l’Éternel, choisissez aujourd’hui qui vous voulez servir : les dieux que vos pères ont servis de l’autre côté du fleuve, ou les dieux des Amoréens dans le pays desquels vous habitez. Mais moi et ma maison, nous servirons l’Éternel. »
Ces paroles résonnèrent comme un coup de tonnerre. Josué ne leur laissait aucune place pour l’indécision. C’était un choix clair, sans compromis : soit ils serviraient l’Éternel de tout leur cœur, soit ils retourneraient à l’idolâtrie et à ses conséquences désastreuses.
La foule resta silencieuse un moment, puis, comme une vague puissante, une clameur s’éleva. « Loin de nous la pensée d’abandonner l’Éternel pour servir d’autres dieux ! Car c’est l’Éternel, notre Dieu, qui nous a fait monter, nous et nos pères, du pays d’Égypte, de la maison de servitude. C’est Lui qui a opéré sous nos yeux ces grands prodiges, et qui nous a gardés pendant toute la route que nous avons suivie et parmi tous les peuples au milieu desquels nous avons passé. »
Josué les regarda avec un mélange de satisfaction et de gravité. « Vous ne pourrez pas servir l’Éternel, car Il est un Dieu saint, un Dieu jaloux. Il ne pardonnera pas vos transgressions et vos péchés. Si vous abandonnez l’Éternel et servez des dieux étrangers, Il se tournera contre vous, et vous fera du mal, après vous avoir fait du bien. »
Mais le peuple insista, criant presque : « Non ! Nous servirons l’Éternel ! » Alors Josué, avec une autorité qui ne souffrait aucune contestation, déclara : « Vous êtes témoins contre vous-mêmes que c’est vous qui avez choisi l’Éternel pour Le servir. » Ils répondirent : « Nous en sommes témoins. »
« Ôtez donc les dieux étrangers qui sont au milieu de vous, et tournez votre cœur vers l’Éternel, le Dieu d’Israël. » La foule, émue et déterminée, commença à se disperser, certains allant chercher les idoles qu’ils avaient cachées pour les détruire. Josué, quant à lui, gravit une dernière fois le rocher de Sichem et y grava les paroles de l’alliance, un rappel permanent de l’engagement du peuple envers l’Éternel.
Ce jour-là, à Sichem, sous le ciel embrasé, Israël renouvela son alliance avec Dieu. Josué, ayant accompli sa mission, s’éteignit peu après, laissant derrière lui un peuple uni dans sa décision de servir l’Éternel. Mais l’histoire ne s’arrêta pas là, car chaque génération devait, à son tour, faire ce choix décisif : servir Dieu de tout son cœur, ou se détourner vers d’autres dieux. Et ce choix, comme Josué l’avait si bien compris, déterminerait leur destinée.