**Le Serment de Déborah et la Sagesse de Moïse**
Dans les vastes plaines de Moab, près du Jourdain, le peuple d’Israël campait sous la direction de Moïse, le serviteur de l’Éternel. Les tentes s’étendaient à perte de vue, et la fumée des offrandes montait vers le ciel, signe de la présence divine au milieu de son peuple. C’était une époque où les lois de l’Éternel étaient enseignées avec soin, et chaque parole prononcée devant Dieu avait un poids immense.
Un jour, une jeune femme nommée Déborah, fille d’un homme de la tribu de Juda, se présenta devant Moïse avec une inquiétude profonde. Elle était vêtue d’une robe simple, mais ses yeux brillaient d’une détermination rare. Derrière elle, un groupe de femmes et d’hommes de la communauté attendaient, curieux de voir comment Moïse allait répondre à sa requête.
Déborah s’agenouilla devant Moïse et dit d’une voix tremblante mais ferme :
« Ô serviteur de l’Éternel, j’ai fait un vœu à l’Éternel, mon Dieu. J’ai juré de ne pas manger de pain ni de boire de vin pendant trente jours, afin de me consacrer à Lui dans la prière et le jeûne. Mais mon père, ayant appris mon serment, m’a interdit de l’accomplir. Il dit que je suis trop jeune pour prendre une telle décision et que cela pourrait nuire à ma santé. Que dois-je faire, Moïse ? Dois-je briser mon vœu ou désobéir à mon père ? »
Moïse, assis sur un rocher, écouta attentivement. Son visage, marqué par les années de service et les épreuves du désert, reflétait une sagesse profonde. Il savait que les vœux étaient sacrés aux yeux de l’Éternel, mais il connaissait aussi l’importance de l’autorité parentale. Il se tourna vers les anciens d’Israël qui l’entouraient et leur dit :
« L’Éternel a parlé clairement à ce sujet. Un vœu prononcé par une jeune femme qui vit encore dans la maison de son père peut être annulé par ce dernier, s’il l’apprend et ne l’approuve pas. Si son père lui interdit de l’accomplir, alors le vœu est nul, et l’Éternel ne tiendra pas la jeune femme pour responsable. »
Déborah baissa la tête, un mélange de soulagement et de tristesse dans son cœur. Elle avait voulu honorer Dieu de tout son être, mais elle comprenait maintenant que l’obéissance à son père était aussi une forme d’honneur envers l’Éternel. Elle murmura :
« Je comprends, Moïse. Je respecterai la décision de mon père et ne poursuivrai pas ce vœu. Mais je prie l’Éternel de m’accorder une autre occasion de Lui montrer ma dévotion. »
Moïse posa une main bienveillante sur son épaule et répondit :
« L’Éternel voit ton cœur, Déborah. Il connaît ton désir de Le servir. Continue à L’aimer de tout ton cœur, de toute ton âme et de toute ta force, et Il te guidera dans les voies de la justice. »
Le peuple, témoin de cette scène, murmurait entre eux, impressionné par la sagesse de Moïse et la soumission de Déborah. L’un des anciens, un homme nommé Éliézer, s’avança et dit :
« Moïse, cette situation nous rappelle que les vœux ne doivent pas être prononcés à la légère. Ils lient notre âme devant Dieu, et nous devons les prendre au sérieux. Mais l’Éternel, dans Sa miséricorde, a prévu des moyens pour protéger ceux qui, par ignorance ou par contrainte, ne peuvent les accomplir. »
Moïse hocha la tête en signe d’approbation.
« C’est vrai, Éliézer. L’Éternel est plein de grâce et de compassion. Il ne désire pas accabler Son peuple, mais plutôt le guider dans la vérité et la justice. Que cette histoire serve de leçon à tous : que vos paroles soient mesurées, et que vos vœux soient réfléchis. Car ce que vous promettez à l’Éternel, vous devez l’accomplir, à moins qu’une autorité légitime ne vous en empêche. »
Le soleil commençait à descendre à l’horizon, teintant le ciel de nuances dorées et pourpres. Déborah retourna à sa tente, le cœur apaisé. Elle savait que l’Éternel avait entendu sa prière et qu’Il honorerait sa foi, même si son vœu n’avait pas été accompli. Elle décida de consacrer les trente jours suivants à servir sa famille et à étudier les lois de l’Éternel, cherchant à grandir en sagesse et en grâce.
Quant à Moïse, il resta assis un moment, contemplant le camp d’Israël. Il murmura une prière silencieuse :
« Éternel, guide Ton peuple dans Tes voies. Accorde-leur la sagesse de prononcer des vœux avec discernement et la force de les accomplir avec intégrité. Car Tu es un Dieu fidèle, et Tes commandements sont parfaits. »
Ainsi, dans les plaines de Moab, la parole de l’Éternel fut honorée, et Son peuple apprit à marcher dans la crainte et l’obéissance. Et la paix de Dieu reposa sur eux, comme une douce brise dans le désert.