**Le Royaume des Cieux et la Miséricorde Divine**
En ce temps-là, Jésus se tenait au milieu de ses disciples sur les collines verdoyantes de Galilée. Le soleil couchant teintait le ciel de nuances dorées et pourpres, et une brise légère caressait les visages attentifs des hommes qui l’entouraient. Les disciples, assis en cercle autour de leur Maître, sentaient que quelque chose d’important allait être enseigné. Jésus, avec une gravité empreinte de tendresse, commença à leur parler du Royaume des Cieux.
« En vérité, je vous le dis, si vous ne changez pas et ne devenez comme de petits enfants, vous n’entrerez pas dans le Royaume des Cieux, » déclara-t-il, sa voix résonnant avec une autorité douce mais ferme. Les disciples échangèrent des regards perplexes. Jésus, percevant leur confusion, prit un petit enfant qui jouait à proximité et le plaça au milieu d’eux. L’enfant, innocent et confiant, regardait Jésus avec des yeux brillants d’admiration.
« Celui qui se rend humble comme ce petit enfant, celui-là est le plus grand dans le Royaume des Cieux, » expliqua Jésus en posant une main protectrice sur l’épaule de l’enfant. « Et quiconque reçoit en mon nom un petit enfant comme celui-ci, c’est moi qu’il reçoit. »
Les disciples hochèrent la tête, commençant à comprendre que la grandeur dans le Royaume de Dieu ne se mesurait pas par la puissance ou la renommée, mais par l’humilité et la simplicité du cœur.
Jésus poursuivit, son regard empreint de sérieux : « Mais malheur à celui par qui le scandale arrive ! Si ta main ou ton pied est pour toi une occasion de chute, coupe-les et jette-les loin de toi. Mieux vaut pour toi entrer dans la vie manchot ou boiteux, que d’avoir deux mains ou deux pieds et d’être jeté dans le feu éternel. »
Ces paroles firent frémir les disciples. Jésus ne parlait pas de mutilation physique, mais de la nécessité de rejeter tout ce qui pouvait les éloigner de Dieu, même si cela semblait précieux ou indispensable. Il les exhortait à une radicalité dans leur engagement envers le Royaume.
Puis, Jésus enchaîna avec une parabole, une histoire qui allait marquer profondément leurs esprits. « Que pensez-vous de ceci ? Si un homme a cent brebis, et que l’une d’elles s’égare, ne laissera-t-il pas les quatre-vingt-dix-neuf autres sur les montagnes pour aller chercher celle qui s’est égarée ? Et s’il la trouve, en vérité, je vous le dis, il a plus de joie pour cette brebis que pour les quatre-vingt-dix-neuf qui ne se sont pas égarées. »
Les disciples imaginèrent la scène : un berger, son visage anxieux, parcourant les collines rocailleuses à la recherche de la brebis perdue. Ils comprirent que Jésus parlait de la miséricorde infinie de Dieu, qui ne se lasse jamais de chercher ceux qui s’éloignent de Lui. « De même, ce n’est pas la volonté de votre Père qui est dans les cieux qu’un seul de ces petits se perde, » ajouta Jésus, son regard rempli de compassion.
Ensuite, Jésus aborda un sujet délicat mais essentiel : le pardon. « Si ton frère pèche contre toi, va et reprends-le entre toi et lui seul. S’il t’écoute, tu as gagné ton frère. Mais s’il ne t’écoute pas, prends avec toi une ou deux personnes, afin que toute l’affaire soit réglée sur la parole de deux ou trois témoins. S’il refuse de les écouter, dis-le à l’Église ; et s’il refuse aussi d’écouter l’Église, qu’il soit pour toi comme un païen et un publicain. »
Pierre, toujours prompt à poser des questions, s’avança alors : « Seigneur, combien de fois pardonnerai-je à mon frère, lorsqu’il péchera contre moi ? Jusqu’à sept fois ? » Pierre pensait sans doute offrir une réponse généreuse, mais Jésus le surprit par sa réponse.
« Je ne te dis pas jusqu’à sept fois, mais jusqu’à soixante-dix fois sept fois, » répondit Jésus, soulignant ainsi que le pardon devait être illimité, à l’image de la miséricorde divine.
Pour illustrer cette vérité, Jésus raconta une autre parabole, celle d’un roi qui voulut régler ses comptes avec ses serviteurs. L’un d’eux lui devait une somme colossale, dix mille talents, une dette impossible à rembourser. Le roi ordonna que l’homme, sa femme et ses enfants soient vendus pour rembourser la dette. Le serviteur, désespéré, se jeta à ses pieds et implora : « Seigneur, aie patience envers moi, et je te paierai tout. »
Ému de compassion, le roi lui remit toute sa dette. Mais ce même serviteur, en sortant, rencontra un de ses compagnons qui lui devait une petite somme. Il le saisit à la gorge et exigea : « Paie ce que tu dois ! » Son compagnon, à genoux, le supplia : « Aie patience envers moi, et je te paierai. » Mais le serviteur impitoyable refusa et le fit jeter en prison.
Lorsque le roi apprit cela, il fut indigné. « Méchant serviteur, je t’avais remis toute ta dette, parce que tu m’en avais supplié. Ne devais-tu pas aussi avoir pitié de ton compagnon, comme j’ai eu pitié de toi ? » Et dans sa colère, le roi le livra aux bourreaux jusqu’à ce qu’il eût payé tout ce qu’il devait.
Jésus conclut la parabole avec une sévérité solennelle : « C’est ainsi que mon Père céleste vous traitera, si chacun de vous ne pardonne pas à son frère de tout son cœur. »
Les disciples restèrent silencieux, méditant ces paroles. Ils comprirent que le pardon n’était pas une option, mais une exigence du Royaume des Cieux. Jésus leur avait montré que l’amour et la miséricorde devaient être au cœur de leurs relations, reflétant ainsi l’amour infini de Dieu pour chacun de ses enfants.
Le soleil avait maintenant disparu derrière l’horizon, et les étoiles commençaient à scintiller dans le ciel nocturne. Jésus se leva, et ses disciples le suivirent, leurs cœurs remplis de gratitude et de détermination à vivre selon les enseignements de leur Maître. Ils savaient désormais que le Royaume des Cieux était à la fois un don et un appel, une invitation à aimer comme Dieu aime, à pardonner comme Il pardonne, et à marcher dans l’humilité et la grâce.