Bible Sacrée

La Nuit de la Délivrance : La Pâque et la Libération d’Égypte

**La Nuit de la Délivrance**

Le soleil commençait à disparaître à l’horizon, teintant le ciel égyptien de nuances orangées et pourpres. Les ombres s’allongeaient sur les rues de Goshen, où les Israélites, réduits en esclavage depuis des générations, préparaient fiévreusement une nuit qui changerait à jamais leur destin. Moïse, l’homme choisi par Dieu pour les conduire hors d’Égypte, avait transmis des instructions précises, données par l’Éternel Lui-même. Cette nuit serait différente de toutes les autres. Ce serait la nuit de la Pâque, la nuit où l’ange de la mort passerait, et où la délivrance serait enfin à portée de main.

Dans chaque foyer israélite, les familles s’affairaient. Les hommes avaient choisi des agneaux sans défaut, des bêtes jeunes et vigoureuses, comme Moïse l’avait ordonné. Les enfants, curieux et un peu inquiets, regardaient leurs parents égorger les agneaux avec un mélange de respect et de crainte. Le sang rouge vif était recueilli dans des bassins, et les pères, avec des branches d’hysope, en badigeonnaient les linteaux et les montants des portes. Ce sang serait un signe pour l’ange de la destruction, un signe que cette maison était sous la protection de l’Éternel.

À l’intérieur des maisons, l’odeur de l’agneau rôtis au feu emplissait l’air. Les familles s’étaient rassemblées, vêtues de leurs habits de voyage, prêtes à partir à tout moment. Les sandales étaient aux pieds, les bâtons à la main, et les cœurs remplis d’une attente mêlée d’appréhension. Les femmes avaient préparé du pain sans levain, car il n’y avait pas de temps pour laisser la pâte lever. Ce pain, simple et humble, serait un rappel de la hâte avec laquelle ils quitteraient l’Égypte.

Moïse, debout au milieu du peuple, leur rappelait les paroles de l’Éternel : « Cette nuit-là, Je passerai à travers l’Égypte, et Je frapperai tous les premiers-nés du pays, hommes et bêtes. Mais sur les maisons marquées du sang de l’agneau, Je passerai par-dessus, et il n’y aura pas de fléau pour vous détruire. » Les Israélites écoutaient, leurs cœurs battant à l’unisson, sachant que leur vie dépendait de leur obéissance à ces instructions divines.

Alors que la nuit tombait, une obscurité épaisse enveloppa l’Égypte. Dans les maisons des Israélites, les flammes des lampes à huile dansaient, projetant des ombres mouvantes sur les murs. Les familles mangeaient l’agneau rôti, accompagné de pains sans levain et d’herbes amères, symbole de l’amertume de leur esclavage. Chaque bouchée était un acte de foi, une reconnaissance que Dieu allait les délivrer.

Mais dans les maisons égyptiennes, une autre scène se déroulait. Aucun sang ne marquait leurs portes. Aucun agneau n’avait été sacrifié. Les Égyptiens, endurcis par le cœur de Pharaon, avaient refusé d’écouter les avertissements de Moïse. Et maintenant, une terreur indicible s’abattait sur eux. À minuit, un cri déchirant retentit dans toute l’Égypte. L’ange de l’Éternel passa, et dans chaque maison non marquée par le sang, le premier-né mourut. Du fils de Pharaon, assis sur son trône, au fils du serviteur dans la prison, aucun ne fut épargné. Les pleurs et les lamentations montèrent vers le ciel, un son si puissant qu’il réveilla même ceux qui dormaient profondément.

Pharaon, brisé par la douleur et la peur, se leva au milieu de la nuit. Il fit appeler Moïse et Aaron en urgence. « Levez-vous, sortez du milieu de mon peuple, vous et les enfants d’Israël, leur dit-il d’une voix tremblante. Allez, servez l’Éternel comme vous l’avez dit. Prenez vos brebis et vos bœufs, et partez ! Et priez pour moi aussi. » Les mots de Pharaon étaient empreints d’une urgence désespérée. Il ne pouvait plus supporter la main puissante de l’Éternel.

Les Israélites, déjà prêts, se mirent en mouvement. Ils quittèrent leurs maisons en hâte, emportant avec eux leurs biens et les richesses que les Égyptiens, terrifiés, leur avaient données. Les femmes portaient des jarres de farine et des vêtements, les hommes conduisaient les troupeaux, et les enfants, émerveillés et un peu effrayés, suivaient leurs parents. Une foule immense se forma, six cent mille hommes, sans compter les femmes et les enfants, avançant dans la nuit sous la lumière de la lune et des étoiles.

Alors qu’ils quittaient Goshen, un sentiment de joie et de crainte les envahit. Ils étaient enfin libres, mais ils savaient que leur voyage ne faisait que commencer. Derrière eux, les pleurs des Égyptiens résonnaient encore, un rappel poignant de la puissance de l’Éternel. Devant eux s’étendait le désert, un lieu inconnu et redoutable, mais aussi un chemin vers la terre promise.

Moïse, marchant à la tête du peuple, levait les yeux vers le ciel. Il savait que cette nuit marquait le début d’une nouvelle alliance entre Dieu et Son peuple. L’agneau sacrifié, le sang sur les portes, le pain sans levain – tout cela serait désormais commémoré chaque année, une Pâque perpétuelle pour rappeler la délivrance que l’Éternel avait accomplie.

Et ainsi, sous la garde de Dieu, les Israélites avancèrent, porteurs d’une promesse et d’une espérance. La nuit de la délivrance était passée, mais son écho résonnerait à travers les générations, un témoignage éternel de la fidélité et de la puissance de l’Éternel, le Dieu qui sauve.

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