**Le semeur et les mystères de la vie**
Il était une fois, dans un petit village au bord d’une mer agitée, un homme nommé Eliab. Eliab était un cultivateur sage et pieux, connu pour sa profonde réflexion sur les mystères de la vie. Un matin, alors que le soleil se levait à peine, Eliab se tenait sur une colline surplombant son champ. Il avait dans ses mains un sac de graines, et son regard se perdait dans l’horizon infini de la mer. Ce jour-là, il méditait sur les paroles du livre de l’Ecclésiaste, chapitre 11, qu’il avait lues la veille au soir.
« Jette ton pain sur la face des eaux, car avec le temps tu le retrouveras. Donne une part à sept, et même à huit, car tu ne sais pas quel malheur peut arriver sur la terre. »
Ces paroles résonnaient dans son esprit comme un appel à l’action, mais aussi comme un rappel des limites de la compréhension humaine. Eliab savait que la vie était pleine d’incertitudes, mais il croyait fermement que Dieu avait un plan pour chaque grain de blé, pour chaque goutte d’eau, et pour chaque être humain.
Il ouvrit son sac et prit une poignée de graines. Les grains, dorés et lourds de promesses, glissèrent entre ses doigts. Il les lança vers le vent, qui les emporta vers des endroits inconnus. Certaines tombèrent sur le sol fertile de son champ, d’autres furent emportées plus loin, vers des terres qu’il ne connaissait pas. Eliab sourit. Il savait que certaines de ces graines ne germeraient jamais, mais il avait confiance que d’autres porteraient du fruit en leur temps.
« Jette ton pain sur la face des eaux », murmura-t-il. Ces mots n’étaient pas seulement une métaphore pour lui. Ils étaient un appel à la générosité, à la confiance en Dieu, et à l’acceptation des mystères de la vie. Eliab savait qu’il ne pouvait pas tout contrôler, mais il pouvait semer avec foi, sachant que Dieu ferait croître ce qui devait croître.
Plus tard dans la journée, Eliab se rendit au village. Il portait avec lui une partie de sa récolte de l’année précédente, qu’il avait soigneusement conservée. Il savait que certains de ses voisins traversaient des moments difficiles. Une famille avait perdu son père à cause d’une maladie soudaine, et une autre avait vu sa maison détruite par une tempête. Eliab frappa à leurs portes, offrant généreusement de la nourriture et des paroles de réconfort.
« Donne une part à sept, et même à huit », se répétait-il. Il ne savait pas ce que l’avenir lui réservait, mais il savait que partager ce qu’il avait était une manière de participer à l’œuvre de Dieu dans le monde. Chaque geste de générosité, chaque parole d’encouragement, était comme une graine semée dans le cœur des autres.
Les jours passèrent, et les semaines s’écoulèrent. Un matin, alors qu’Eliab inspectait son champ, il remarqua que certaines des graines qu’il avait semées avaient germé. De jeunes pousses vertes pointaient timidement vers le ciel, tandis que d’autres parties du champ restaient stériles. Eliab ne se découragea pas. Il savait que la croissance prenait du temps, et que certaines graines avaient besoin de plus de soins que d’autres.
Un après-midi, alors qu’il se reposait à l’ombre d’un olivier, un étranger vint à lui. L’homme était vêtu de haillons et semblait épuisé. Eliab lui offrit de l’eau et du pain, et l’invita à se reposer. L’étranger lui raconta qu’il avait été chassé de son village à cause d’une famine et qu’il errait depuis des semaines à la recherche de nourriture et de refuge.
« Tu es le premier à m’offrir de l’aide », dit l’étranger, les larmes aux yeux. Eliab lui sourit et lui dit : « Jette ton pain sur la face des eaux, car avec le temps tu le retrouveras. »
L’étranger resta quelques jours avec Eliab, reprenant des forces. Avant de partir, il lui dit : « Tu m’as sauvé la vie. Un jour, je reviendrai pour te remercier. » Eliab hocha la tête, sachant que la gratitude n’était pas ce qu’il recherchait. Il avait simplement obéi à l’appel de Dieu à être généreux, sans attendre de récompense.
Les mois passèrent, et la récolte d’Eliab fut abondante. Les graines qu’il avait semées avec foi avaient porté du fruit, et il avait de quoi nourrir sa famille et partager avec les autres. Un jour, alors qu’il travaillait dans son champ, il vit un groupe d’hommes s’approcher. À leur tête se trouvait l’étranger qu’il avait aidé quelques mois auparavant. L’homme était maintenant bien vêtu et semblait en bonne santé.
« Eliab, je suis revenu pour te remercier », dit l’étranger. « Grâce à toi, j’ai pu retrouver ma famille et reconstruire ma vie. Je t’apporte des provisions et des outils pour t’aider dans ton travail. »
Eliab fut touché par ce geste, mais il savait que ce n’était pas lui qui méritait la gratitude. C’était Dieu, qui avait guidé ses pas et béni ses efforts. Il avait semé avec foi, et maintenant il récoltait les fruits de sa confiance en Dieu.
Ce soir-là, Eliab se rendit sur la colline où il avait semé ses graines quelques mois auparavant. Le soleil se couchait, peignant le ciel de couleurs éclatantes. Il regarda la mer, qui semblait calme et sereine, et murmura : « Jette ton pain sur la face des eaux, car avec le temps tu le retrouveras. »
Eliab savait que la vie était pleine de mystères, mais il avait appris à vivre avec confiance et générosité. Il avait compris que chaque geste d’amour, chaque acte de foi, était une graine semée dans le grand champ de Dieu. Et il savait que, tôt ou tard, ces graines porteraient du fruit, selon le plan parfait de Celui qui tient l’univers dans Ses mains.