**Le Jardin des Deux Chemins**
Dans un temps lointain, bien avant que les royaumes ne s’élèvent et ne tombent, il existait un petit village niché au creux d’une vallée fertile. Ce village, nommé Tsedek, était connu pour sa sagesse et sa prospérité. Les habitants vivaient selon les préceptes de l’Éternel, et leurs cœurs étaient tournés vers la justice. Au centre du village se trouvait un jardin magnifique, appelé le Jardin des Deux Chemins. Ce jardin était un symbole vivant des enseignements du livre des Proverbes, en particulier du chapitre 10.
Le jardin était divisé en deux parties distinctes. D’un côté, il y avait un chemin bordé d’arbres fruitiers luxuriants, dont les branches ployaient sous le poids des pommes dorées, des figues sucrées et des grenades éclatantes. Ce chemin était pavé de pierres lisses et brillantes, et l’air y était rempli du parfum des fleurs et du chant des oiseaux. C’était le chemin de la sagesse, où ceux qui marchaient dans l’intégrité trouvaient la bénédiction.
De l’autre côté, il y avait un sentier sombre et étroit, envahi par les ronces et les épines. Les arbres qui le bordaient étaient secs et stériles, leurs branches tordues semblant vouloir attraper ceux qui osaient s’aventurer sur ce chemin. L’air y était lourd, et une odeur de pourriture flottait constamment. C’était le chemin de la folie, où ceux qui choisissaient la méchanceté trouvaient la ruine.
Dans ce village vivait deux frères, Shalôm et Ra’ah. Shalôm, l’aîné, était un homme droit et travailleur. Il passait ses journées à cultiver la terre, à aider ses voisins et à méditer sur les paroles de l’Éternel. Son cœur était comme un puits profond, rempli de la sagesse qui coulait des Proverbes. Il marchait toujours sur le chemin de la sagesse dans le Jardin des Deux Chemins, et sa vie était bénie.
Ra’ah, le cadet, était tout le contraire. Il était paresseux, avide et prompt à la colère. Il passait ses journées à chercher des moyens faciles de s’enrichir, souvent au détriment des autres. Il méprisait les enseignements de son père et se moquait de la sagesse de Shalôm. Ra’ah préférait le sentier sombre du jardin, croyant qu’il y trouverait la richesse et la liberté. Mais chaque fois qu’il empruntait ce chemin, il revenait plus amer et plus désespéré.
Un jour, une grande sécheresse frappa la vallée. Les rivières se tarirent, et les champs devinrent arides. Les habitants de Tsedek se tournèrent vers Shalôm pour obtenir des conseils. Avec calme et assurance, il les conduisit au Jardin des Deux Chemins. « Regardez, » dit-il en montrant le chemin de la sagesse. « Même dans cette sécheresse, les arbres ici portent encore des fruits. Car ceux qui marchent dans l’intégrité sont comme des arbres plantés près des eaux, dont les racines plongent profondément dans la source de vie. »
Les villageois suivirent ses conseils. Ils creusèrent des puits près du jardin et trouvèrent de l’eau fraîche. Ils partagèrent leurs ressources et prièrent ensemble, et bientôt, la sécheresse fut surmontée. Shalôm devint un guide respecté, et sa réputation de sagesse se répandit dans toute la région.
Pendant ce temps, Ra’ah, jaloux de la réussite de son frère, décida de prendre une voie différente. Il se lia d’amitié avec un groupe de marchands étrangers qui promettaient richesse et pouvoir. Ces hommes étaient rusés et sans scrupules, et ils exploitèrent la cupidité de Ra’ah. Ils lui firent miroiter des trésors cachés dans les montagnes lointaines, et Ra’ah, aveuglé par son désir, les suivit.
Mais les montagnes étaient arides et hostiles. Les marchands abandonnèrent Ra’ah, le laissant seul et sans ressources. Affamé et épuisé, il erra pendant des jours, jusqu’à ce qu’il tombe à genoux, pleurant de désespoir. C’est alors qu’il entendit une voix douce et apaisante, comme un murmure dans le vent. « Reviens, mon fils, » disait la voix. « Reviens au Jardin des Deux Chemins. »
Ra’ah, le cœur brisé, suivit la voix. Il retourna au village, où Shalôm l’accueillit avec amour et compassion. « Frère, » dit Shalôm, « la sagesse de l’Éternel est plus précieuse que l’or et l’argent. Elle donne la vie à ceux qui la trouvent, et la prospérité à ceux qui l’embrassent. »
Ra’ah se repentit de ses voies et choisit de marcher sur le chemin de la sagesse. Avec le temps, il devint un homme transformé, et sa vie fut remplie de bénédictions. Les deux frères travaillèrent ensemble pour enseigner aux autres les vérités du Jardin des Deux Chemins, rappelant à tous que « celui qui marche dans l’intégrité marche en sécurité, mais celui qui suit des voies tortueuses sera découvert » (Proverbes 10:9).
Et ainsi, le village de Tsedek continua à prospérer, un témoignage vivant de la vérité éternelle des Proverbes. Le Jardin des Deux Chemins resta un symbole puissant, rappelant à chaque génération que les choix que nous faisons déterminent notre destinée, et que la sagesse de l’Éternel est la clé d’une vie abondante et bénie.