**Le récit de Matthieu 8 : La puissance et la compassion de Jésus**
En ces jours-là, après que Jésus fut descendu de la montagne où Il avait enseigné les foules avec autorité, une grande multitude Le suivit. Les gens venaient de toutes parts, attirés par Ses paroles et par les signes qu’Il accomplissait. Le ciel était d’un bleu profond, et le soleil brillait doucement sur les collines verdoyantes de Galilée. Jésus, entouré de Ses disciples, marchait avec une assurance tranquille, Son regard empreint de compassion pour ceux qui Le suivaient.
Alors qu’ils approchaient de la ville, un lépreux s’avança vers Lui. Cet homme était couvert de plaies, son visage marqué par la souffrance et l’isolement. La loi mosaïque le condamnait à vivre en marge de la société, car la lèpre était considérée comme impure. Mais cet homme, poussé par une foi audacieuse, se prosterna devant Jésus et Lui dit : « Seigneur, si Tu le veux, Tu peux me purifier. »
Jésus, ému de compassion, tendit la main et toucha l’homme. Ce geste était inconcevable aux yeux des Juifs, car toucher un lépreux rendait impur. Mais Jésus, dans Sa puissance et Sa sainteté, ne fut pas contaminé. Au contraire, Sa pureté divine purifia l’homme. « Je le veux, sois purifié », déclara-t-Il d’une voix douce mais pleine d’autorité. Aussitôt, la lèpre disparut, et la peau de l’homme devint aussi saine que celle d’un nouveau-né. Jésus lui dit alors : « Garde-toi d’en parler à personne, mais va te montrer au prêtre et offre le don prescrit par Moïse, afin que cela leur serve de témoignage. »
Alors que Jésus entrait dans Capharnaüm, un centurion romain vint à Lui. Cet homme, bien qu’étranger au peuple d’Israël, était respecté par les Juifs car il avait fait construire une synagogue pour eux. Il s’approcha de Jésus avec humilité et Lui dit : « Seigneur, mon serviteur est couché à la maison, paralysé, et il souffre terriblement. » Jésus, voyant la foi sincère de cet homme, lui répondit : « Je vais venir et le guérir. »
Mais le centurion, conscient de son indignité, répondit : « Seigneur, je ne suis pas digne que Tu entres sous mon toit, mais dis seulement une parole, et mon serviteur sera guéri. Car moi, qui suis soumis à des supérieurs, j’ai des soldats sous mes ordres ; je dis à l’un : “Va”, et il va, et à un autre : “Viens”, et il vient, et à mon serviteur : “Fais cela”, et il le fait. »
Jésus, étonné par une telle foi, Se tourna vers ceux qui Le suivaient et dit : « En vérité, Je vous le dis, même en Israël, Je n’ai pas trouvé une si grande foi. Je vous le dis, beaucoup viendront de l’orient et de l’occident et prendront place au festin avec Abraham, Isaac et Jacob dans le royaume des cieux, mais les fils du royaume seront jetés dans les ténèbres du dehors, où il y aura des pleurs et des grincements de dents. » Puis, s’adressant au centurion, Il dit : « Va, qu’il te soit fait selon ta foi. » Et à l’heure même, le serviteur fut guéri.
Jésus continua Son chemin et entra dans la maison de Pierre. Là, Il vit la belle-mère de Pierre alitée, brûlante de fièvre. Sans hésiter, Il s’approcha d’elle, prit sa main, et la fièvre la quitta aussitôt. Elle se leva et se mit à les servir, remplie de gratitude et de force retrouvée.
Le soir venu, on Lui amena beaucoup de démoniaques. D’un seul mot, Il chassa les esprits mauvais et guérit tous les malades. Ainsi s’accomplit ce qui avait été annoncé par le prophète Ésaïe : « Il a pris nos infirmités et Il s’est chargé de nos maladies. »
Le lendemain, Jésus décida de traverser le lac de Galilée. Ses disciples Le suivirent, et ils montèrent dans une barque. Soudain, une grande tempête s’éleva sur le lac. Les vagues déferlaient sur la barque, et l’eau commençait à entrer. Les disciples, terrifiés, crièrent à Jésus, qui dormait paisiblement à l’arrière de la barque : « Seigneur, sauve-nous, nous périssons ! »
Jésus Se réveilla et, voyant leur panique, leur dit : « Pourquoi avez-vous peur, gens de peu de foi ? » Puis, Se levant, Il menaça les vents et la mer, et il se fit un grand calme. Les disciples, stupéfaits, se dirent entre eux : « Quel est donc Celui-ci, à qui obéissent même les vents et la mer ? »
Arrivés de l’autre côté du lac, dans le pays des Gadaréniens, deux démoniaques sortirent des tombeaux à Sa rencontre. Ces hommes étaient si violents que personne n’osait passer par ce chemin. Ils crièrent à Jésus : « Qu’y a-t-il entre Toi et nous, Fils de Dieu ? Es-Tu venu ici pour nous tourmenter avant le temps ? »
Jésus, connaissant leur état, leur demanda : « Quel est votre nom ? » Ils répondirent : « Légion, car nous sommes nombreux. » Les démons supplièrent Jésus de les envoyer dans un troupeau de porcs qui paissaient non loin de là. Jésus leur permit, et les démons entrèrent dans les porcs. Aussitôt, le troupeau se précipita du haut de la falaise dans la mer, et tous périrent dans les eaux.
Les gardiens des porcs s’enfuirent et racontèrent tout dans la ville. Les habitants vinrent et, voyant les deux hommes assis aux pieds de Jésus, vêtus et dans leur bon sens, ils furent saisis de crainte. Ils supplièrent Jésus de quitter leur région. Jésus monta alors dans la barque et retourna de l’autre côté du lac.
Ainsi, à travers ces miracles, Jésus révélait Sa puissance divine et Sa compassion infinie. Il montrait qu’Il était venu pour guérir, délivrer et sauver, accomplissant les Écritures et inaugurant le Royaume de Dieu.