Voici le récit détaillé et fidèle de la prophétie de Jérémie concernant les Ammonites, tiré du chapitre quarante-neuf du livre de Jérémie.
Le Seigneur Dieu parla à Jérémie le prophète, et sa parole fut comme un feu dévorant, comme un marteau qui brise le roc. Sa voix tonna depuis le sanctuaire céleste, adressant un jugement solennel contre les fils d’Ammon.
« Ainsi parle l’Éternel des armées : Israël n’a-t-il point de fils ? N’a-t-il point d’héritier ? Pourquoi Milcom a-t-il hérité de Gad, et pourquoi son peuple habite-t-il dans ses villes ? » Car les Ammonites, nés de l’inceste de Lot avec sa plus jeune fille, s’étaient emparés du territoire de la tribu de Gad lorsque les Assyriens avaient exilé les habitants du royaume du nord. Leur dieu Milcom, idole aux yeux vides et au cœur de pierre, régnait sur Rabba, leur cité orgueilleuse.
Le Seigneur déclara : « C’est pourquoi voici, les jours viennent où je ferai retentir le cri de guerre contre Rabba des enfants d’Ammon ; elle deviendra un monceau de ruines, et les villes de son ressort seront consumées par le feu. Alors Israël héritera de ceux qui l’ont déshérité. » La colère divine était comme une tempête se préparant à frapper une terre rebelle.
Le prophète vit en vision les plaines d’Ammon : leurs vallées fertiles où coulaient des ruisseaux d’eau vive, leurs vignes chargées de grappes pourpres, leurs troupeaux innombrables paissant sur les collines. Mais bientôt, ces mêmes collines seraient balayées par le souffle du jugement. « Hurle, Heshbon ! car Aï est ravagée. Poussez des cris, filles de Rabba ! ceignez-vous de sacs, lamentez-vous, et errez au milieu des enclos. » Les femmes ammoniaques, habituées aux parfums précieux et aux vêtements de lin fin, devraient revêtir l’âpre tissu de deuil.
Le Seigneur dénonça leur confiance orgueilleuse : « Tu te glorifies de tes vallées, de tes vallées fertiles, fille désobéissante, toi qui dis en ton cœur : « Qui viendra contre moi ? » » Leur sécurité illusoire, bâtie sur des alliances avec Édom et Moab, serait pulvérisée. « Voici, je vais faire venir sur toi une terreur de tous les alentours, dit le Seigneur, l’Éternel des armées. Vous serez chassés chacun devant soi, sans que personne ne rassemble les fuyards. »
La vision se précisa : des cavaliers mèdes et babyloniens, leurs armures de bronze étincelant sous un soleil sans pitié, leurs épées tranchantes comme des dents de lion. Les chars de guerre écrasaient les moissons, les flammes léchaient les portes de bois de Rabbah. Les idoles de Milcom, impuissantes, étaient traînées dans la poussière. « Mais après cela, je ramènerai les captifs des enfants d’Ammon, dit l’Éternel. » Car la miséricorde divine perce même au cœur du châtiment.
Le prophète contempla aussi la désolation d’Édom, voisin et complice des Ammonites. « Sur Édom aussi j’étends ma main. Je rends Bozra un objet de stupeur, un opprobre, un désert, une malédiction. Ses villes ne seront plus jamais habitées. » De même que l’aigle bâtit son nid sur les hauteurs, ainsi le jugement fondrait depuis les cieux sur la fierté édomite.
La parole de l’Éternel conclut cette révélation : « Tel qu’un lion monte des fourrés du Jourdain vers les pâturages verdoyants, ainsi en un instant je les en chasserai, et j’établirai sur elle celui que j’ai choisi. Car qui est semblable à moi ? Qui m’assignera le temps ? Quel est le berger qui tiendra devant moi ? »
Ainsi s’accomplit la parole du Dieu d’Israël, le Saint d’Israël, dont les jugements sont vrais et justes, et dont la fidélité demeure d’âge en âge. Les nations apprirent que celui qui disperse Israël le rassemblera, et que celui qui touche à la prunelle de son œil en répondra devant le tribunal céleste.




