Bible Sacrée

Le Choix entre Malédiction et Bénédiction

Le prophète Jérémie marchait d’un pas lourd sur le chemin poussiéreux menant à la porte de la ville. Le soleil de midi écrasait Jérusalem de ses rayons impitoyables, faisant miroiter les pierres blanches des murailles. Dans sa main, il serrait un rouleau de parchemin où étaient consignées les paroles que l’Éternel lui avait murmurées dans le silence de la nuit.

« Maudit soit l’homme qui se confie en l’homme, qui prend la chair pour son appui, et qui détourne son cœur de l’Éternel ! »

Sa voix, grave et puissante, s’éleva soudain dans l’air immobile. Les marchands qui négociaient près de la porte interrompirent leurs transactions. Des femmes portant des cruches d’eau s’arrêtèrent, leurs voiles colorés flottant légèrement dans la brise soudaine.

« Il sera comme un misérable dans le désert, il ne verra point venir le bonheur ; il habitera les lieux brûlés du désert, une terre salée et sans habitants. »

Jérémie étendit son bras vers l’horizon désertique au-delà des murailles. Son regard semblait percer le voile du temps, contemplant la malédiction divine se matérialisant dans le paysage aride.

Puis sa voix changea, devenant douce comme le murmure d’un ruisseau printanier.

« Béni soit l’homme qui se confie en l’Éternel, et dont l’Éternel est l’espérance ! »

Un silence religieux s’était installé parmi les auditeurs. Même les ânes chargés de marchandises avaient cessé de braire.

« Il sera comme un arbre planté près des eaux, qui étend ses racines vers le fleuve. Il ne voit point venir la chaleur, et son feuillage reste vert ; dans l’année de la sécheresse, il est sans inquiétude, et il ne cesse de porter du fruit. »

Jérémie décrivit alors l’arbre béni avec une précision poétique : ses branches robustes abritant les oiseaux du ciel, ses feuilles persistantes résistant aux pires chaleurs, ses racines plongeant profondément dans la terre humide pour y puiser la vie éternelle.

Soudain, son visage se rembrunit, et ses yeux se firent perçants comme des épées.

« Le cœur est tortueux par-dessus tout, et il est méchant : qui peut le connaître ? Moi, l’Éternel, j’éprouve le cœur, je sonde les reins, pour rendre à chacun selon ses voies, selon le fruit de ses actions. »

Il compara ceux qui acquièrent des richesses par des moyens injustes à une perdrix qui couve des œufs qu’elle n’a pas pondus. « Au milieu de ses jours, il doit les abandonner, et à la fin, il n’est qu’un insensé. »

Le prophète leva alors les yeux vers le Temple magnifique qui dominait la ville.

« Trône de gloire, élevé dès le commencement, lieu de notre sanctuaire ! Éternel, espoir d’Israël ! Tous ceux qui t’abandonnent seront confondus. »

Sa proclamation résonna contre les murs de pierre, portée par un vent soudain qui fit tourbillonner la poussière. Certains parmi la foule baissèrent la tête, conscience troublée. D’autres ricanèrent, incrédules.

Jérémie acheva sa prophétie par une prière déchirante :

« Guéris-moi, Éternel, et je serai guéri ; sauve-moi, et je serai sauvé ! Car tu es ma louange. Voici, ils me disent : Où est la parole de l’Éternel ? Qu’elle s’accomplisse donc ! »

Le prophète roula lentement le parchemin, son message délivré. L’ombre de la porte de la ville s’était allongée, dessinant une ligne nette entre lumière et ténèbres. Entre ceux qui choisiraient la malédiction du désert et ceux qui opteraient pour la bénédiction des eaux vives. Entre la confiance en l’homme et la foi en l’Éternel.

La foule se dispersa lentement, certains méditant ses paroles, d’autres les rejetant déjà de leur esprit. Mais le choix était posé, clair comme la frontière entre le désert et l’oasis, entre la malédiction et la bénédiction. Et au centre de tout cela, le cœur humain, ce territoire mystérieux que seul l’Éternel pouvait sonder et transformer.

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